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Actualités en Russie 2009
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vendredi 28 août 2009



  27 août 2009

Hommage

Décès de Sergueï Mikhalkov

L’oeuvre de Sergueï Mikhalkov a traduit les moindres nuances de la mentalité russe, a déclaré jeudi à RIA Novosti le député de la Douma Grigori Ivliev à l’occasion du décès du poète. Sergei Mikhalkov

"Sergueï Mikhalkov jouissait d’une réputation remarquable dans le monde littéraire", a-t-il affirmé, ajoutant que le poète "constituait un soutien moral pour un grand nombre de ses collègues".

Poète, dramaturge et personnalité publique russe, Sergueï Mikhalkov est né le 13 mars 1913 à Moscou.

En 1943, en collaboration avec le correspondant de guerre Gueorgui El-Reghistan, il a écrit les paroles de l’hymne national de l’Union Soviétique (musique d’Alexandre Alexandrov) interprété pour la première fois la nuit du Nouvel an 1944.

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Hymne de la Fédération de Russie

En 1977, Sergueï Mikhalkov a composé une nouvelle version de l’hymne soviétique.

En 2001, il a écrit les paroles de l’hymne national de la Fédération de Russie.

Source : Novosti


  23 avril 2009

Le Président da la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev était en visite à Ryazan. Il s’est notamment rendu à l’Ecole militaire supérieure de parachutisme en compagnie du ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov.
 

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  Source Novosti


  27 janvier 2009

Cyrille Ier, le nouveau patriarche de Moscou

  Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies

En faisant le choix de Cyrille, métropolite de Smolensk et de Kaliningrad, 62 ans, l’Église orthodoxe russe s’est choisi un nouveau patriarche ouvert sur le monde. 711 personnes ont participé au concile, représentant les 64 pays dans lesquels cette Église compte des fidèles.

Le style est municipal : tablette, rideau, bref, l’isoloir type. Le cadre, lui, est grandiose. Rien de moins que l’immense cathédrale neuve du Christ-Sauveur de Moscou, à deux pas du Kremlin, reconstruite, à l’identique pour l’an 2000, après avoir été rasée par Staline… Élections religieuses, donc, à bulletins secrets et à majorité simple plus une voix, les 711 délégués du « concile local » dont 10 % de femmes, laïques ou moniales, convoqués après la mort d’Alexis II en décembre dernier, ont élu mardi, avec 508 voix contre 169 pour l’autre candidat, son successeur, le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, 62 ans, désormais 16e patriarche orthodoxe de Moscou et de toutes les Russies.

Cyrille Ier, son nom désormais, était le favori. Dimanche, il avait été pressenti et élu par l’immense majorité du collège des évêques, avec deux autres challengers, Clément, métropolite de Kalouga et Borovsk, (59 ans), et Philarète, métropolite de Minsk et Sloutsk, (73 ans). Il n’a donc pas eu trop de mal à s’imposer. D’autant que ce dernier s’est désisté dès le début du scrutin au profit du vainqueur.

Rien n’était pourtant joué, car l’homme des évêques, n’était pas, a priori, l’élu de la majorité des délégués prêtres et moines.

Les délégués laïcs, dont le rôle a été salué dans un message du président Dmitri Medvedev lu, mardi matin lors de la séance solennelle d’ouverture - ont pu faire la différence dans ce qui restera comme la première élection d’un patriarche orthodoxe russe depuis la fin du communisme.

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Patriarche Cyrille Ier

Cyrille que tout prépare à cette charge suprême était l’un des proches du défunt patriarche. Il arrive à la première place, mûri par une expérience internationale unique pour un dignitaire orthodoxe russe et un enracinement spirituel dans la plus haute tradition religieuse de ce pays.

Il fut en effet un disciple du métropolite Nicodème, le principal artisan de la lente renaissance de l’Église russe à partir des années 1960. « La tradition ecclésiale était le fondement de la foi et le critère de la vérité » de Nicodème, rappelle son héritier dans un livre, récemment publié au Cerf, L’Évangile et La Liberté.

Autre influence décisive, l’enseignement de théologie reçu de l’archiprêtre Livery Voronov, qui a passé dix ans dans les camps staliniens. C’était « un homme discipliné dans sa pensée et ses paroles ». L’élève Cyrille a retenu la leçon.

Celui à qui certaines tendances de l’orthodoxie reprochaient sa trop grande ouverture à l’Occident n’est donc pas un libéral. Il fustige d’ailleurs cette « pensée libérale laïque » dont il voit l’influence s’étendre : « Nous voyons comment certaines églises protestantes reconnaissent les unions du même sexe, ordonnent aux ministères ecclésiaux des personnes vivant en couple homosexuel et ne condamnent pas l’avortement. » Il est également très prudent sur les adaptations théologiques et l’abandon du slavon, langue liturgique, équivalent de notre latin, peu accessible à la majorité des fidèles. Sur un plan politique, les importantes fonctions qu’il a occupées relativement jeune, ont conduit d’autres à imaginer qu’il était proche du régime. C’est oublier que son grand-père, prêtre, a terminé vagabond pourchassé parce qu’il défendait sa foi chrétienne. Que son père, prêtre également, homme de grande culture - la bibliothèque familiale comptait 3 000 ouvrages dont beaucoup interdits -, a été contraint de quitter Leningrad pour un village de campagne en raison du même combat.

Il est surtout de ceux qui, à l’école de Nicodème, ont appris à naviguer pour défendre les intérêts concrets et la survie de l’Église orthodoxe. Il a d’ailleurs cette phrase : « Les personnes intelligentes ont toujours su distinguer dans les paroles des représentants officiels de notre Église ce qui était commandé par les autorités civiles, et ce qui venait de leur propre cœur et de leur foi. Il est incontestable que des éléments de propagande étaient bien présents dans le discours des officiels orthodoxes russes lorsqu’ils allaient à l’étranger. »

Pour autant, ce même Cyrille, homme de média - il anime une émission de télévision hebdomadaire nationale où il répond en direct aux téléspectateurs et a lancé le site Internet du patriarcat de Moscou -, expliquait encore récemment à propos de la crise financière mondiale : « Ce qui est actuel, ce ne sont pas les affirmations idéologiques de Marx, mais son analyse économique. Pour réussir à dépasser la crise mondiale qui commence, il faut transformer sérieusement le modèle socio-économique actuel pour mettre plus d’accent sur la justice de l’action politique et la rendre profitable à l’ensemble de la société. »

Celui qui a poussé l’Église orthodoxe à formuler un corps de doctrine sociale (publiée en français par le Cerf-Istina en 2007) pour affronter l’ère postcommuniste ajoutait « la conception classique du socialisme est aujourd’hui tout aussi dépassée que le fondamentalisme capitaliste ». Sans oublier, une forte insistance sur le « principe de non-ingérence réciproque » entre l’Église et l’État, qu’il a rappelé, mardi soir, avant d’être élu.

Cyrille est donc un chrétien convaincu. Il a désiré être prêtre dès l’enfance. Sa devise « Annoncez de jour en jour le salut de notre Dieu » est le but de sa vie. Mais son intelligence et son goût pour « ne pas suivre la mode idéologique » lui ont souvent attiré des suspicions.

Ainsi, en 1984, où ses prises de positions contre la guerre soviétique en Afghanistan - signe d’une indépendance manifeste -, lui ont tout bonnement valu d’être destitué, à seulement 38 ans, de sa première haute responsabilité. Depuis dix ans il était le recteur du séminaire et de l’académie de théologie de Leningrad, sa ville natale, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, où il s’était fait remarquer par son souci de traduire des théologiens catholiques et où il avait attiré un nombre croissant d’étudiants.

Cinq ans plus tard, en pleine perestroïka, il est nommé au poste clé de ministre des Affaires étrangères du patriarcat de Moscou, « président du département des relations extérieures », charge qu’il mènera d’une main de maître et sur tous les continents.

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Benoit XVI et Cyrille Ier

Ce qui l’amènera à rencontrer un certain Joseph Ratzinger, à cinq reprises - dont trois fois depuis que Benoît XVI a été élu pape en 2005 ! Ces deux amateurs de musique classique - l’Allemand aime Mozart, le Russe, rédige en écoutant du Bach - pourraient écrire une partition inédite.


Janvier 2009

Semaine historique pour les orthodoxes russes

Le successeur d’Alexis II sera connu entre Mardi 27 soir au jeudi 29 janvier midi.

Sept cent onze délégués se réunissent à Moscou pour élire un successeur au patriarche Alexis II, mort en décembre dernier.

Axios,axios, axios, « digne, il est digne ! » L’acclamation est trois fois répétée pour saluer le nouvel élu. Elle résonnera, la semaine prochaine, sous les voûtes de la cathédrale du Christ Sauveur, inaugurée en 2000

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Cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou

au cœur de Moscou, pour honorer celui qui sera choisi pour conduire la plus puissante Église orthodoxe du monde après la mort du patriarche Alexis II, le 5 décembre dernier.

Il sera élu au terme d’un « concile local », le premier depuis la chute du communisme, réunissant 711 délégués, dont un tiers des délégués laïques sont des femmes. Une formule originale dans le panorama des Églises chrétiennes. Ce concile s’ouvre mardi matin, à Moscou, pour trois jours. Mais, dès lundi soir, une liste de trois noms sera proposée par un « concile épiscopal », réunissant les seuls évêques - ils sont 203 -, qui commence ses travaux, ce dimanche, en vue de sélectionner trois candidats parmi eux.

C’est donc une grande semaine qui s’ouvre pour l’orthodoxie russe. Une semaine décisive puisque se joue également, à travers cette élection, le leadership de l’orthodoxie dans le monde. Si le premier patriarcat de l’orthodoxie, dans l’honneur et dans l’histoire, reste celui de Constantinople, le siège moscovite, avec une bonne moitié des orthodoxes du monde, pèse très lourd.

D’autant qu’il a su se réconcilier avec la majorité de la diaspora russe dans le monde, souvent des descendants de Russes blancs qui avaient fui la révolution de 1917 et qui accusaient facilement la hiérarchie orthodoxe de « collaboration ». Son rayonnement est donc mondial.

Sauf le respect de la tradition orthodoxe du primat du patriarcat de Constantinople, Bartholomée Ier, et sans provocation pour des orthodoxes toujours méfiants de l’hégémonie catholique romaine, on pourrait parler, pour en situer l’enjeu, de l’élection du « pape » de l’orthodoxie mondiale.

Identité nationale

Sans oublier un second enjeu, concernant plus particulièrement la nation russe. Avec la nouvelle Russie, l’Église orthodoxe a connu un développement spectaculaire. Des baptêmes en masse, la reconstruction et la restauration de centaines d’églises. À l’image de la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou, où se déroule cette élection. Fondée en 1812, elle fut rasée par Staline en 1930 pour y creuser une piscine circulaire, puis reconstruite, à l’identique, avec bulbes dorés à la feuille d’or, entre 1991 et 2000 !

L’Église orthodoxe est donc aujourd’hui, à côté de l’État, la seule institution à l’échelle de cet immense pays aux onze fuseaux horaires. Elle joue à la fois un rôle capillaire et social au plus près des gens mais aussi une fonction symbolique de mémoire et de culture dans une société russe à la recherche d’une identité nationale.

Elle jouit de ce fait d’une autorité et d’une crédibilité importantes sur une population tentée par le vieux démon de la fermeture à l’Occident. D’où l’importance du choix du nouveau responsable de cette Église.

Qui sera l’élu ? Un favori se détache : le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, 62 ans. Il occupait, jusque-là, la fonction de président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, c’est-à-dire de ministre des Affaires étrangères du patriarche Alexis II. Bien connu à l’étranger, où il a souvent représenté le patriarcat, il a déjà été reçu par Benoît XVI - on lui reproche d’être proche des catholiques - et a surtout été élu comme locum tenens, chargé de la gestion des affaires courantes du patriarcat après la mort d’Alexis II et de la préparation de l’élection.

Beaucoup d’observateurs le décrivent comme l’homme de la situation mais reconnaissent que sa personnalité même, une intelligence réputée et une ouverture à l’Occident, suscitent autant de méfiance venue de la base. Il vient d’ailleurs d’essuyer une campagne de diffamations mais il a sillonné lui-même le pays pour rassurer les diocèses et les monastères (qui sont également électeurs) en retournant le plus souvent la situation en sa faveur.

Cette élection reste particulière car il n’y a pas de candidats déclarés. En attendant lundi soir les trois personnalités qui sortiront du concile épiscopal, l’autre nom qui circule est Clément, le métropolite de Kalouga. À 60 ans, cet évêque occupe le rôle de chancelier du patriarcat, une fonction centrale et importante. Il est décrit comme un homme d’appareil, moins au contact du terrain et surtout moins ouvert sur l’étranger.

D’autres noms sont cités, de personnalités plus âgées - comme le métropolite Juvénal de Moscou, le plus gros diocèse de Russie - qui pourraient peut-être départager les deux clans. Car « ces deux poids lourds vont peut-être s’annihiler, car la Russie n’a pas besoin d’une crise supplémentaire », observe Antoine Nivière, rédacteur en chef du Service orthodoxe de presse(SOP). En tout état de cause, résume Jean-François Colosimo, écrivain et théologien orthodoxe, « le vote va se faire pour ou contre Cyrille ». On ne note pas, par ailleurs, entre les candidats, de divergences théologiques fondamentales.

« Cratère communiste »

Autre inconnue - le « principe de conciliarité » l’exige dans l’orthodoxie -, la possibilité de voir d’autres candidats issus du « concile local », qui va siéger, lui, de mardi à jeudi pour élire le patriarche.

Rien n’empêche en effet ces 711 délégués, eux-mêmes issus d’une procédure élective dans les paroisses et les diocèses - l’archevêque, Mgr Innocent (62 ans), le délégué des moines, le hiéromoine Alexandre Siniakov (27 ans), le délégué du clergé, le père Nestor Sirotenko (33 ans) et une déléguée des laïcs d’une quarantaine d’années, Ekaterina Anisimova, représentent l’Europe occidentale, France, Suisse, Espagne et Portugal, rassemblée dans le diocèse de Chersonèse -, de proposer le nom d’un autre candidat, non retenu dans la liste des trois choisis par le collège des évêques. Il doit simplement, pour être présenté, être évêque et avoir fait preuve d’une expérience suffisante à la tête d’un gros diocèse.

Cette possibilité ouverte à des candidatures désignées par l’ensemble du « concile local » pourrait retarder le moment de l’élection du nouveau patriarche. Celui-ci pourrait être élu au plus tôt dès mardi soir mais si l’assemblée se trouvait dans la nécessité de départager plus de trois candidats, l’élection - par vote à bulletin secret - pourrait se conclure dans la journée de mercredi. Le concile local devant se terminer de toute façon jeudi en fin d’après-midi. Une messe d’intronisation du nouveau patriarche avec toutes les délégations officielles est prévue dimanche prochain, 1er février, dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou.

Se joue, en tout état de cause, cette semaine à Moscou, un rendez-vous historique. Jean-François Colosimo l’explique : « Après la traversée du cratère communiste du XXe siècle, l’Église orthodoxe va-t-elle entrer dans le XXIe siècle ou rester dans ce XIXe dont elle peine à sortir ? »
 

Source Le Figaro

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