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PAVLOV Ivan : médecin et physiologiste - prix Nobel

2007

Ivan Petrovitch PAVLOV (Иван Петрович Павлов) (Riazan, 26 septembre 1849 - Saint-Pétersbourg, 27 février 1936) est un médecin et un physiologiste russe, prix Nobel de physiologie ou médecine 1904 et lauréat de la médaille Copley en 1915.


Voir en ligne : Wikipedia

Né dans une de ces familles russes où l’on était pope de père en fils, il fut d’abord élève au séminaire, mais il se passionnait déjà pour les sciences naturelles et la lecture d’un petit livre du professeur Setchenov, Réflexes de l’encéphale, le fit s’inscrire à la Faculté de Physique et de Mathématiques de Saint-Pétersbourg après un bref passage en Faculté de Droit ; il se spécialisa alors en physiologie animale qu’il étudia à l’Académie de chirurgie et de médecine. Des intrigues avaient alors écarté Setchenov, envoyé en disgrâce à Odessa, mais il put bénéficier des cours d’un autre grand maître, son successeur Élie de Cyon, qui fit de lui un virtuose de la technique. Il obtint son diplôme en 1879 et soutint sa thèse de doctorat en 1883. En 1890, il fut nommé titulaire de la chaire de pharmacologie de l’Académie de médecine militaire de Saint-Pétersbourg. Il devint professeur de physiologie puis directeur de l’Institut de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg en 1895 jusqu’à sa mort en 1936.

Ses travaux

Au cours des années 1890, Pavlov réalisa une expérience sur la fonction gastrique du chien en recueillant grâce à une fistule les sécrétions d’une glande salivaire pour mesurer et analyser la salive produite dans différentes conditions en réponse aux aliments. Ayant remarqué que les chiens avaient tendance à saliver avant d’entrer réellement en contact avec les aliments, il décida d’investiguer plus en détail cette « sécrétion psychique ». Il s’avéra que ce phénomène était plus intéressant que la simple chimie de la salive, et ceci le conduisit à modifier ses objectifs : dans une longue série d’expériences, il variait les stimuli survenant avant la présentation des aliments. C’est ainsi qu’il découvrit les lois fondamentales de l’acquisition et la perte des « réflexes conditionnels » - c’est-à-dire, les réponses réflexes, comme la salivation, qui ne se produisaient que de façon conditionnelle dans des conditions expérimentales spécifiques chez l’animal. Ces expériences, réalisées au cours des années 1890 et 1900, ne furent connues des scientifiques occidentaux que par des traductions isolées et ce n’est qu’en 1927 qu’elles furent toutes traduites en anglais.

Pavlov était un expérimentateur habile et méthodique jusque dans ses heures de travail et ses habitudes. C’est ainsi qu’il s’asseyait pour déjeuner à 12 heures exactement, il allait se coucher chaque soir au même moment, il nourrissait toujours ses chiens à la même heure chaque nuit et chaque année il ne manquait pas de quitter Leningrad pour l’Estonie où il passait ses vacances le même jour. Cette conduite changea quand son fils Victor fut tué au service de l’Armée Blanche - après ce deuil il fut victime d’insomnies.

En 1904 il fut le premier Russe à recevoir le prix Nobel et exposa en russe ses travaux. L’usage d’une langue peu connue provoqua un fameux contresens ; c’est ainsi qu’on parle encore de « réflexes conditionnés » alors que "réflexes conditionnels" serait plus exact.

Sa vie après la Révolution d’Octobre

La Révolution russe fut pour lui un moment pénible, particulièrement les années 1919-1920 où il vécut dans la misère, sans argent non plus pour son laboratoire. Il refusa cependant une offre de l’Académie des Sciences suédoise qui l’invitait à s’installer à Stockholm où l’on bâtirait pour lui un institut suivant ses directives : il déclara qu’il ne quitterait pas la Russie. À la différence de beaucoup de scientifiques qui avaient commencé leur carrière avant la Révolution, Pavlov était apprécié du gouvernement soviétique et il eut la possibilité de continuer ses recherches jusqu’à un âge très avancé. Lui-même n’était pas favorable au marxisme, mais comme lauréat du prix Nobel on le regardait comme un capital politique de grande importance. Après sa première visite aux États-Unis en 1923 (la deuxième eut lieu en 1929), il dénonça publiquement le communisme, déclarant que le marxisme reposait sur des bases fausses, ajoutant même : « Pour le genre d’expérience sociale que vous faites, je ne sacrifierais pas les pattes arrières d’une grenouille ! ». En 1924, quand les fils de prêtres furent expulsés de l’Académie Médicale Militaire (ancienne Académie Médicale Impériale) de Léningrad il démissionna de sa chaire de physiologie en déclarant, « Moi aussi, je suis fils de prêtre et si vous expulsez les autres je m’en irai aussi ! » Après l’assassinat de Sergueï Kirov en 1934, il écrivit à Molotov plusieurs lettres où il condamnait les persécutions de masse qui avaient suivi et demandait qu’on reconsidérât le cas de plusieurs personnes qu’il connaissait personnellement.

Il est enterré au cimetière Volkovo à Saint-Pétersbourg.

Son héritage

Un point intéressant, c’est que l’expression de Pavlov « réflexe conditionnel » (« условный рефлекс ») a été mal traduite du russe en « réflexe conditionné », et d’autres scientifiques en lisant ses travaux ont conclu que, comme de tels réflexes étaient conditionnés, ils devaient avoir été produits par un processus appelé conditionnement. Comme le travail de Pavlov a été surtout connu à l’Ouest par les écrits de John B. Watson, l’idée de « conditionnement » en tant que forme automatique d’apprentissage est devenue un concept clé dans la psychologie comparative qui se développait et l’approche générale de la psychologie qui la sous-tendait : le béhaviorisme. Bertrand Russell était un avocat passionné de l’importance du travail de Pavlov pour la philosophie de l’esprit.

Les travaux de Pavlov sur les réflexes conditionnels ont eu une grande influence non seulement sur la science, mais également sur la culture populaire. On utilise souvent l’expression « chien de Pavlov » pour décrire quelqu’un qui réagit de façon instinctive à une situation, plutôt que d’utiliser son esprit critique. Le conditionnement pavlovien était un thème important dans le roman distopique d’Aldous Huxley, Le meilleur des Mondes.

Le chien de Pavlov, Pavlov Museum, 2005. On croit généralement que Pavlov faisait toujours savoir que les aliments allaient arriver en appuyant sur une sonnette. Pourtant, ses écritures témoignent qu’il utilisait une large variété de stimulus, y compris des sifflets, des métronomes, des fourchettes qu’il faisait résonner, en plus des stimulus visuels habituels. Quand, au cours des années 1990, il est devenu plus facile pour les scientifiques occidentaux de visiter le laboratoire de Pavlov, ils n’y ont pas découvert la moindre trace de cloche.

Pavlov, grâce à ses recherches novatrices sur le conditionnement, et plus spécifiquement sur le conditionnement classique, est considéré comme l’un des fondateurs de la psychologie soviétique moderne.

Voir aussi le musée Pavlov à Ryazan (en anglais)


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