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Les origines de la Russie, jusqu’en 882

2010


Origines de la Russie

Jusqu’au IXe siècle, les informations disponibles sont assez confuses : nous ne trouvons que très peu de détails sur les ancêtres des Russes.
- Avant Jésus-Christ, seuls les Scythes, en venant commercer avec les habitants du nord de la mer Noire, font mention de la Russie.
- Durant les six premiers siècles, nous trouvons dans les steppes russes, d’abord, les Sarmates et les Goths qui sont, au Ve siècle, chassés par les Huns qui déferleront bientôt sur nos régions occidentales.
- En réalité, ces envahisseurs rencontrèrent dans les vastes plaines des tribus slaves parmi lesquelles les Slaves de l’Est deviendront, plus tard, les Russes.
- Ce sont donc les Scandinaves qui vont les premiers pénétrer le territoire et y régner. C’est à partir du IXe siècle que ceux que l’on nomme les Vikings, ou plutôt les Varègues de ce côté-ci, vont se familiariser avec ce nouvel espace. Contrairement à l’Ouest, il n’y a guère de richesses à piller. La route des Varègues aux Grecs Ils vont donc plutôt, à mesure de leurs découvertes, fonder des comptoirs commerciaux à partir des communautés slaves qu’ils rencontrent. Les Varègues finissent par descendre le Dniepr jusqu’à la mer Noire. ("route des Varègues aux Grecs"). Et donc aux abords de Constantinople, les Varègues, retrouvent leur instinct pirate et tentent en 860 une expédition contre Constantinople.
- Les vieilles chroniques russes (largement postérieures aux événements qu’elles relatent, il est vrai) nous parlent des Vikings venant sur les bords du Dniepr. Ainsi, en 862, apparaît Rurik personnage assez légendaire, qui s’installe à Novgorod et donnera naissance à la dynastie qui porte son nom.
- La théorie normaniste avance une origine scandinave de la fondation du premier Etat russe en s’appuyant notamment sur l’origine scandinave des premiers Princes (Rurik, Sinéus, Truvor). De plus, selon La Chronique de Nestor, la plus ancienne source historique russe, ce sont les Slaves eux-mêmes, incapables de s’unir, qui demandèrent à un chef étranger de les gouverner : "Nos terres sont vastes et riches mais elles ne connaissent pas l’ordre. Venez donc régner et gouverner notre pays…", faisant ainsi du chef normand Rurik le maître de Novgorod.
- Bientôt, un autre prince varègue, descendant de Rurik, viendra s’installer à Kiev. dès lors, Novgorod et Kiev domineront cette première période connue de l’Histoire de Russie jusqu’à l’invasion tatar-mongole, Tribus et Cités tout cela bien entendu dans une succession de querelles entre les divers princes.
- Il fallait à la Russie deux siècles et demi pour que s’effaçât la présence mongole. Ensuite, quand la horde asiatique disparut, commença vraiment le rôle de Moscou.
- L’unification de la Russie va prendre corps avec Ivan I Kalita et ses successeurs où apparaît bientôt la puissante figure d’Ivan III le Grand. Avec lui, l’autorité moscovite s’affirme, et le tsarisme effectif fait sa première apparition pour se concrétiser sous le règne d’Ivan IV le Terrible qui se proclame Tsar de toutes les Russies et affirme les ambitions de son empire en même temps que sa suprématie.

Précisions successorales

Selon une habitude scandinave la succession au trône est héréditaire mais s’obtient par une constitution coutumière du type sénatorial :
- de frère à frère cadet,
- d’oncle à neveu (c’est à dire de frère cadet à fils de frère ainé du défunt),
- de cousin germain (fils de frère ainé) à cousin germain (fils de frère cadet).

De plus, les divers princes de la famille de Rurik ne reçoivent qu’à titre provisoire les terres (principautés ou grandes-principautés), dont ils sont titulaires. Aussi, à chaque mort de souverain, voit-on s’opérer un changement de titres. Les plus âgés se rapprochent ainsi de la grande-principauté de Kiev, c’est à dire du trône qui a la suprématie sur tous les autres princes de la descendance de Rurik.

Néanmoins, cette institution était fréquemment battue en brèche car elle n’était pas appuyée sur une législation écrite et relevait de la simple coutume. Les prétendants au trône invoquaient fréquemment, pour s’en débarrasser, l’un des arguments suivants :
- On ne peut empêcher un père de disposer en faveur de son fils ainé, normalement le plus expérimenté et le plus avancé en âge, du pouvoir souverain.
- Le système emprunté aux barbares germaniques qui avaient jadis occupé le pays, de partager ses biens entre tous ses fils.
- L’élection du prince par la très antique institution nommée Viétché, organisme monnayé par les Rurikides afin de pouvoir emporter le trône de temps à autre sans y avoir un droit absolu.

Donc, pratiquement, la force devait l’emporter sur le droit non écrit et finissait par provoquer à chaque succession un chaos dynastique des plus désastreux.

A la faveur de ces difficultés dynastiques on voyait chaque membre de la famille défendre âprement son otchina (patrimoine), c’est-à-dire "non le droit d’hériter des terres paternelles mais de la place que sa naissance lui confère dans la chaîne des princes".

Dynastie Rurikide

Princes de Novgorod et de Kiev (861-880)

-Rurik I 861-874 (né probablement en 800, en Frise, fils de Haffdarne Harald, issu de la maison royale de Skoldung en Danemark, épouse Efanda, sa cousine), filleul de l’empereur Louis I le Pieux*. Son frère Harald, devenu chrétien, reçoit de l’empereur le fief de Rüstringen (Frise). Rurik hérite de cette terre peu de temps après. En 843, au traité de Verdun, il perd son fief dévolu à Lothaire, fils et successeur de Louis I. Rurik I En 845, devenu pirate, il pille le nord de la France et les côtes anglaises. En 852, Lothaire lui rend la Frise à condition qu’il défende les côtes de l’empire des autres invasions vikings. En 854, Lothaire lui retire la Frise et lui confie le fief jutlandais, ce qui lui permet d’écumer la mer Baltique et de s’immiscer en terre russe. En 861, il est appelé par les habitants de Novgorod pour les défendre des incursions de voisins remuants. Il s’installe avec ses frères, Sineus et Truvor sur le territoire et se proclame prince. Vaillant homme de guerre, il s’avère aussi législateur efficace, calquant les lois de Novgorod sur les capitulaires de Charlemagne.


*Louis I le Pieux, fils de Charlemagne est né à 80 km de Bressuire. La femme de l’empereur, Hildegarde, le mit au monde, en 778, à la villa Cassino­gilum, (Chasseneuil-du-Poitou, dans l’actuel département de la Vienne, en Poitou-Charentes).

-Igor I 874-879 (fils de Rurik I) est déposé et meurt en 891.

-Oleg I 879-880 (cousin de Rurik I, frère d’Efanda), tuteur d’Igor. Il mène une expédition contre Kiev et fait assassiner son prince Askold.

Voir Grands-Princes de Kiev


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