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Grands-Princes de Moscou 1317-1534

2010

Moscou tire son nom d’un confluent de l’Oka, la Moskova, mot signifiant "eaux bourbeuses" en finnois. Cela paraît vraisemblable, parce que la ville a été construite à l’endroit où la Moskova cesse d’être navigable.



La première mention de Moscou remonte à 1147. La ville fut fondée par Iouri I Dolgorouki : il entoura le village d’une palissade de bois, origine du futur kremlin (1156). Jusqu’en 1263, elle fut l’apanage d’un prince cadet de la famille de Rurik. Créée capitale de principauté par Daniel (fils d’Alexandre I Nevski), elle devait dès lors devenir célèbre. Capitale de Iouri III en 1313, elle a ses lettres de noblesse dès cette époque et devient la capitale de la Russie.
 Daniel (1261-1303), s’il n’a pas régné effectivement, est l’ancêtre de la nouvelle branche de la dynastie. Par un guet-apens tendu au prince de Ryazan, Daniel oblige celui-ci à céder Colomna, puis s’empare de Mojaïsk et chapitre son neveu Ivan, prince de Pereiaslav, que ce dernier lui lègue en mourant. Ses descendants auront à l’honneur de conserver le patrimoine ancestral et surtout de l’augmenter autant qu’ils pourront. Ils feront la Russie moderne.

Grands-Princes de Moscou (1317-1534)
 et les premiers tsars (1534-1605
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Iouri III 1317-1325 (fils de Daniel, lui-même fils d’Alexandre I Nevski), en 1313, dispute le trône de Vladimir à son oncle Michel III, après s’être emparé de Ryazan. Etant allé demander aide au khan Ousbeg, il obtient son alliance et épouse sa propre soeur. Cependant, il est défait, ainsi que ses alliés tatars, par le prince de Tver et s’enfuit piteusement à Novgorod, dont les habitants sont prêts à l’aider pour enlever le trône de Michel III.

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Iouri III

Celui-ci lui propose un arrangement de paix. Michel fut ensuite convoqué au camp du khan pour y répondre de la mort de la femme de Iouri qu’on l’accusait de l’avoir empoisonnée. Il y fut attaqué et tué. Couronné à Vladimir, en 1317, Iouri III meurt assassiné par Dimitri, fils de Michel III, qui l’accuse d’être responsable de la mort de son père.


Ivan I Kalita 1325-1341 (fils de Daniel) se rend à la Horde d’Or pour être investi Grand-Prince (kalita signifie la bourse, car il en portait toujours une à son ceinturon). Il rentre à Moscou avec le droit de percevoir les tributs dus par les Russes au khan. Bien-sûr, il n’hésite pas à prélever une partie de la perception pour son propre compte.

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Ivan I Kalita

Il fait transférer le métropolite de Vladimir à Moscou et pose la première pierre de la cathédrale de l’Assomption de Moscou ; ravage Tver au nom du khan, indigné que ses collecteurs d’impôts aient été lynchés par les habitants de cette principauté. Ivan lutte contre les princes apanagés. Il ne pense qu’à amasser des terres russes et à les réunir de manière homogène sous son sceptre. Il est investi par le khan "Grand-Prince de Moscou, de Vladimir et de toute la Russie". Le peuple le considère comme le "premier rassembleur de la terre russe". Son règne est précurseur de celui d’Ivan le Terrible.


Siméon 1341-1353 (fils d’Ivan I), durant son règne, il poursuit la politique paternelle. Il devient l’ami intime du khan Djanibeg (fils d’Ousbeg).

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Siméon

En 1352, apparaît en Russie la "mort noire", peste venue des Indes. Il en meurt, après avoir eu le temps de revêtir l’habit monacal (les Grands-Princes de Moscou avaient pour coutume de revêtir l’habit monacal au moment de mourir).


Ivan II 1353-1359 (fils d’Ivan I) , sous son règne commence la lutte contre les alliés : la Lituanie et la Pologne. Moscou commence à battre monnaie.

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Ivan II

Il réprima la révolte des princes de Tver, issus de Sviatoslav, fils de Iaroslav III (princes d’Obolenski, de Briansk et de Novossilk).


Dimitri III 1359-1363 (fils de Constantin, prince de Souzdal, lui-même arrière-petit fils d’Iaroslav II, Grand-Prince de Vladimir) usurpateur, il rivalise avec Dimitri IV, avec l’appui du khan Mamaï.

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Dimitri III

Néanmoins, il doit se retirer de sa principauté de Souzdal et laisser monter sur le trône son rival. Il serait mort à Saraï, capitale de la Horde d’Or.


Dimitri IV Donskoï 1363-1389 (fils d’Ivan II), en 1375, Moscou est assiégée par les Lituaniens. Pendant ce temps, Dimitri bat les Tatars de Kazan et leur impose un tribut. En 1378, il bat les Tatars de Mamaï sur la Volga. Le 8 septembre 1380, à la tête d’une véritable armée nationale, il passe le Don et l’Oka et bat les Tatars à Koulikovo, au Champ-des-Bécasses, sur la rivière Nepriavda. il y est grièvement blessé.

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Dimitri IV Donskoï

En 1382, les Tatars envahissent la Russie et brûlent Moscou. pour se débarrasser d’eux, Dimitri doit leur verser un écrasant tribut et leur livrer en otage son fils Vassili. En 1389, il fait son testament avant de partir à la Horde : il partage ses lettres entre ses fils. pour la première fois, il donne le trône à son ainé, Vassili, comme étant patrimoine et le charge de le transmettre à son tour à son fils ainé à sa propre mort. Ainsi est fixée l’hérédité au trône.


Vassili II 1389-1425 (fils de Dimitri IV), après la prise de Moscou, il est emmené en otage à la Horde. Quand il s’enfuit du camp de la Horde, il se réfugie en Lituanie, chez le Grand-Prince Vitold. Dès le début de son règne, il entre en lutte contre son beau-père, Vitold. Le 25 septembre 1392, St Serge de Radonège meurt. En 1396, Tamerlan brûle Saraï et prend le pouvoir sur les tribus mongoles.

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Vassili II

En 1408, Vassili soutient à Moscou un siège contre Tamerlan et ne peut l’éloigner que grâce à un énorme butin. En 1412, il se rend à la Horde pour s’y faire confirmer la principauté de Novgorod dont il vient de chasser les princes. Il cesse de s’appuyer sur les boyards pour placer aux divers postes administratifs de l’Etat des "hommes nouveaux". Très diplomate, il demeure en termes excellents avec l’ensemble de ses voisins.


Vassili III 1425-1462 (fils de Vassili II) succède à son père à dix ans. Il est sous la tutelle de son grand-père Vitold et sous la régence de sa mère Sophie. Au début de son règne, il est chassé plusieurs fois du trône par son oncle Iouri, fils de Dimitri. En 1445, il est battu par les Tatars, puis fait prisonnier par le khan de Kazan qui lui demande un tribut énorme. Libéré, il est fait prisonnier, l’année suivante, par Dimitri, fils de Iouri qui lui crève les yeux. Redevenu Grand-Prince, il bat Dimitri, grâce aux Lituaniens.

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Vassili III

En 1448, à la suite de l’accord entre l’empereur byzantin et le pape, pour tenter de réunifier les Eglises orthodoxe et romaine, le métropolite de Moscou s’était rendu au concile de Florence et s’y était montré partisan de l’union. Traité de "fils de satan" par Vassili III, le métropolite est déposé. l’évêque Jonas est désigné à sa place, ce fut le premier métropolite indépendant. La séparation religieuse avec Byzance était consommée. C’est depuis ce règne que date l’installation en Russie de familles Tatars converties, tels les Godounov.


Iouri IV 1433 (fils de Dimitri IV), d’abord prince de Galitch et de Tchernigov, il usurpe le pouvoir à diverses reprises.


Ivan III le Grand 1462-1505 (fils de Vassili III) a une jeunesse aventureuse et difficile, car son père l’a mêlé à ses luttes contre ses parents, princes de Tchernigov. Son père aveugle lui fait partager son pouvoir. Sur le trône, il devient un souverain au sens moderne du terme.

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Ivan III le Grand

Il parvient à faire de la diplomatie et à recueillir peu à peu la succession de presque tous les apanages russes.

En 1472, après son mariage avec la nièce (Sophie), Zoé, du dernier empereur de Byzance, il adopte pour blason l’aigle bicephale de Byzance, marquant par cet acte que l’état de Moscou succède à l’empire byzantin. Il fait fabriquer une généalogie démontrant qu’il descend de l’empereur romain Auguste et se titre tsar (César) et autocrate (souverain indépendant). Il instaure à la Cour le fastueux cérémonial de la monarchie byzantine, oblige les boyards à se prosterner devant lui et à ne lui parler que sur audience, interdit enfin aux moines de dire tout haut ce qu’ils pensent. Ainsi, il se considère souverain de droit divin. il fait venir des artistes, des intellectuels. L’armée et la diplomatie se modernisent sous son impulsion.

De 1474 à 1494, il abat définitivement Novgorod et décime la population rebelle. Il refuse de payer tribut au khan Ahmed et ne lui rend pas hommage. C’est le début de la chute de l’hégémonie mongole, en Russie. Il devient Prince de Tver puis occupe la Bulgarie. Il fait déporter plusieurs milliers de nobles rebelles, puis mène des expéditions contre la Lituanie. il couronne son petit-fils Dimitri (fils d’Ivan, nommé co-régent du vivant de son père) co-régent qu’il emprisonne peu après. Dès 1494, toute la Russie (les principautés, notamment la grande-principauté de Ryazan) est presque unifiée.

En 1502, la Russie est débarrassée de l’emprise de la Horde d’Or. L’année suivante, il reporte la frontière lituanienne de Kiev à Smolensk. En 1504, il interdit aux princes apanagés de battre monnaie à leur nom.

Octobre 1505, il meurt à Moscou. Il reçoit l’extrême-onction mais refuse de revêtir l’habit de moine comme le faisaient "in articulo mortis" ses prédécesseurs, voulant, dit-il, mourir en souverain glorieux. A la fin de son règne, son royaume est devenu un état homogène et consistant qui, désormais, aura son mot à dire dans la politique européenne. Les Mongols, de suzerains sont devenus courtisans, et viennent lui faire sa cour à Moscou. A sa mort, il désigne son fils Vassili comme successeur et interdit aux quatre autres de quémander leur droit au trône, aux droits de justice et de battre monnaie. Avec lui s’affirme donc la succession héréditaire au trône, amorcée par son père.
 

De caractère dur, altier et peu aimable, il demeure célèbre par ses colères tonnantes et inquiétantes. Malgré cela, il est cependant l’une des plus puissantes figures de la Russie.


Vassili IV 1505-1534 (fils d’Ivan III) est nommé co-régent en 1491. En 1507, la nouvelle cathédrale d’Arkhangelski est inaugurée ; elle devient la nécropole des Grands-Princes de Vladimir et de Moscou. Il doit lutter contre la féodalité et le particularisme des princes parents. Il confirme les bases du pouvoir absolu.

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Vassili IV

En 1521, il prend Smolensk aux Lituaniens, tandis que les Mongols de Crimée s’emparent de Moscou. peu après, Vassili les bat et leur impose un khan de son choix. La paix avec la Lituanie est signée en 1522 et l’année suivante, il rattache à l’Etat russe les principautés de Novgorod, Seversky et Staroub. Il meurt à Moscou, devenu à ses derniers moments moine de stricte observance, sous le nom de Vaarlam.
 

A partir du règne de Vassili IV, les princes parents sont seuls autorisés et jugés capables de remplir les hautes charges de l’Etat, s’ils sont issus de Rurik ou de Gédimin (Grand-Prince de Lituanie).

Tsars de Russie 1534-1598


Ivan IV "le Terrible" 1534-1584 (fils de Vassili IV)

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Ivan IV "Le Terrible"

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Fédor I 1584-1598 (fils d’Ivan IV), en 1586, noue des relations diplomatiques avec la France. De 1587 à 1589, il fait construire les enceintes des faubourgs de Moscou.

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Fédor I

Fédor I avait épousé, en 1580, Irène Godounov, soeur de Boris.
 Le 6 janvier 1598, le dernier rurikide régnant mourrait sans héritiers.

Faible, malade d’esprit et uniquement préoccupé de religion, il ne règne que de nom, sous l’emprise de l’ambitieux Boris Godounov, son beau-frère et de Nikita Romanov, frère de la tsarine douairière défunte Anastassia Romanov. Sous son règne, l’Eglise achève de devenir autonome.

Impressions de contemporains

"Il était petit de taille, d’aspect ascétique, plein d’humilité et ne songeant qu’au salut de son âme. Il passait son temps en prière, en distribution d’aumônes, demeurait à l’écart des affaires de l’état et des choses de ce monde, exclusivement préoccupé à gagner le ciel" écrit le prince Katiref de Moscou.
 Son père disait "qu’il était plus un sacristain qu’un prince héritier".
 Léon Sapieha, ambassadeur du roi de Pologne "Il était de petite taille, avait la face bouffie, une démarche hésitante et souriant toujours". Sapieha raconte qu’à l’occasion d’une audience, il eut l’impression de se trouver en face d’un faible d’esprit.
 Peu d’instants avant sa mort, le patriarche Job le questionna sur le successeur qu’il comptait se donner, puisqu’il mourait sans descendants et dernier héritier des Rurikides régnants. Fédor répondit par ces simples mots : "mon royaume et vous tous êtes entre les mains de Dieu. Il en sera fait suivant sa volonté ..."

Grâce à ce trop grand espoir dans les vues divines, le DERNIER descendant des Tsars et de la dynastie "fondée" par Rurik, laissait la voie ouverte à tous les amateurs de trône.


Les Godounov 1598-1605


Boris Godounov 1598-1605 (fils du boyard Théodore Godounov) est issu d’une famille d’origine tatar-mongole. Son trisaïeul, Tcheta, s’était fait baptiser à Moscou sous le nom de Zacharie, après avoir abandonné la Horde d’Or (1328).

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Boris Godounov

Boris avait commencé sa carrière sous Ivan IV, dont il était devenu l’écuyer et le grand échanson. Nommé boyard héréditaire en 1580, lors du mariage de sa soeur Irène avec le tsarévitch Fédor.

En 1584, dès le début du règne de Fédor I, il parle en maître au souverain et devient une sorte de maire du palais. il est en outre chef de l’Oprichina (sorte de garde policière). En 1587, il devient régent de l’Empire.

En 1598, à la mort du dernier Tsar, la Russie cherche un souverain. La tsarine Irène, veuve de Fédor I, se réfugie au couvent sous le nom d’Alexandra, laissant son frère seul maître du régime. Après de longues tergiversations de circonstances, Boris est nommé Tsar par la Douma, la Diète de la Noblesse. .../...


Fédor II 1605 (fils de Boris Godounov), tsar pendant un mois et demi. Fin et lettré, il était un peu jeune pour exercer le pouvoir et ne sut pas retenir les boyards qui passèrent nombreux au faux Dimitri dans l’unique espoir, une fois Fédor II abattu, de prendre sa place. Le 1er juin 1605, Fédor est renversé et chassé du trône ; exilé avec sa mère dans sa maison de campagne, près de Moscou.

Les envoyés du faux Dimitri et du général Chouïski avaient mené ce complot avec le concours du peuple qui accusait les Godounov de tout ses malheurs. Le 10 juin, Fédor et sa mère sont étranglés par ordre du prince Galitzine, Il est inhumé auprès de son père.


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