Ce site n’est plus consacré au Comité de Jumelage, mais ...

Accueil du site > Ville de Ryazan > Histoire de Ryazan > Célébrités nées à Ryazan > ESSENIN Sergueï : "poète lyrique"

ESSENIN Sergueï : "poète lyrique" Essenin

janvier 2011


Sergueï Essenin, né en Russie centrale, dans le bourg de Konstantinovo, région de Ryazan, était le troisième enfant du couple Essenin dont les deux filles aînées étaient mortes en bas âge. Alexandre Essenin, son père, travaillant comme garçon boucher à Moscou, et sa mère, Tatiana Titov, étant occupée à Ryazan, il passa la majeure partie de sa petite enfance à Konstantinovo, au domicile de ses grands-parents.


Monument près du kremlin

Buste "impressionnant" du poète, près du Kremlin de Ryazan
Sergueï Essenin
Sergueï Essenin

Sergueï Alexandrovitch Essenin - (Сергей Александрович Есенин, également transcrit sous la forme Essenine ou Serge Essénine ou même Esenin) est un poète marquant de la Russie du vingtième siècle.
 Né le 21 septembre 1895 (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adopté en Russie dès février 1918), il mit fin à ses jours le 28 décembre 1925 à Léningrad, dans une chambre de l’Hôtel Angleterre.

Maison-musée - Konstantinovo

La maison-musée à Constantinovo

Admis à l’école primaire en 1904, il la quitte en 1909, pour être placé, en septembre de cette année-là, comme interne à l’école religieuse de Spas-Klipiki. Ses premiers vers connus remontent à cette période, écrits dès 1909. Il avait alors 14 ans.

Salle de classe où étudia le poète

La salle de classe à Constantinovo

Durant l’été 1912, ayant achevé sa scolarité à l’école religieuse, il rejoint son père à Moscou, travaille un mois dans la même boutique que lui avant de se faire embaucher dans une maison d’édition. Il y restera jusqu’au printemps 1913. Prenant conscience de ses dons de poète, il commence également à fréquenter les milieux artistiques moscovites.
 Au printemps 1913, il entre comme correcteur dans une des plus importantes imprimeries de Moscou et noue ses premiers contacts avec les milieux révolutionnaires sociaux-démocrates ouvriers dont il distribue les journaux, ce qui lui vaut d’être fiché par la police.
 En septembre 1913, il s’inscrit à l’université populaire Chaniavski pour y suivre des cours d’histoire et de littérature et en janvier 1914, il se met en ménage avec une de ses collègues de travail, correctrice comme lui, Anna Izriadvona, tandis que ses premiers poèmes commencent à paraître en revues et dans les colonnes de "La Voie de la Vérité", ancêtre de la Pravda.
 La déclaration de guerre de l’Allemagne en juillet 1914, le surprend en Crimée. Début août, il est rentré à Moscou et reprend un travail à l’imprimerie Tchernychev, qu’il quitte très vite pour se consacrer à l’écriture, abandonnant également sa compagne Izriadvona qui vient de lui donner son premier enfant, Iouri.
 Il passe une grande partie de l’année 1915 à Pétrograd, qu’il considère comme le centre de la vie culturelle russe, où Alexandre Blok, grand poète du moment, l’introduit dans les milieux littéraires. Il s’y lie d’amitié avec Nikolaï Kliouïev, rencontre Anna Akhmatova, Vladimir Maïakovski, Nikolaï Goumiliov, Marina Tsvetaiéva, qui apprécient ses vers. Commence alors pour lui une longue série de lectures et de récitals qui perdureront jusqu’à sa mort.

L’année 1916 voit paraître son premier recueil Radounitsa . C’est aussi l’année de sa rencontre avec le poète symboliste Andreï Biély, leader du groupe des Scythes, proche des socialistes-révolutionnaires, et celle de sa mobilisation dans le train sanitaire n°143, une affectation qu’il obtient grâce à ses protections auprès de la mère de Nicolas II ou de la tsarine Alexandra (femme de Nicolas II) qui ont entendu ses récitals. Plus enclin à la poésie qu’à la guerre, il écope en août de 20 jours d’arrêt pour retard lors d’un retour de permission. Il désertera au printemps de 1917 d’une armée en perdition après le déclenchement de la Révolution de Février et l’abdication du tsar Nicolas II. Et c’est débordant d’enthousiasme qu’il prend parti pour la révolution, participant activement à des meetings, écrivant dans les journaux.

Zinaïda, Constantin et Tatiana

-En juillet, il épouse Zinaïda Raïkh (née le 3 juillet 1894 et morte le 15 juillet 1939), secrétaire à "La Cause du Peuple", qui lui donnera deux enfants, un garçon Konstantin, (né en 1920) et une fille Tatiana avant leur divorce en 1921. Ils passent ensemble la fin de l’année à voyager dans le Nord de la Russie.
 Lors de la Révolution bolchevique d’Octobre, ils sont à Pétrograd et dans les mois qui suivent, le poète va écrire deux longs poèmes : Transfiguration et Inonia où s’exprime son rêve mystique et révolutionnaire d’une autre Russie.

Au printemps 1918, le poète s’installe à Moscou, où paraît Golouben, son second recueil, et il reprend du service dans une maison d’édition. Fin 1918, il exprime sa conception de la poésie à travers un essai : Les Clés de Marie, fonde l’Ordre des Imaginistes avec les poètes Anatoli Mariengof, Vadim Cherchénévitch et Ivnov, et ils organisent des événements ponctuels dans des villes (en particulier Moscou), comme par exemple revêtir de poèmes les murs du monastère de la Passion. Il demande à adhérer au parti communiste bolchévique, mais il est refusé pour son manque de discipline et son individualisme.
 L’année 1919 est marquée de nombreux récitals, de manifestations et de publications imaginistes, l’ouverture de leur librairie, mais aussi par les rivalités politiques à la tête de l’État, l’apparition de disettes dans une économie de guerre, un spectacle de désolation qui lui inspire son poème Les juments-épaves. C’est la prise de conscience pour Essénine que la Révolution ne pourra répondre aux attentes de ses rêves.
 Essenin et Anatoli Mariengof voyagent ensemble à travers la Russie une bonne partie de l’année 1920, donnant des récitals en Ukraine, à Moscou et dans plusieurs villes du Caucase. Leur passage est aussi marqué très souvent de scandales et de rixes liés aux beuveries d’Essenin qui se trouve exclu de l’Union panrusse des poètes en mai à la suite d’une rixe avec le poète Ivan Sokolov, et incarcéré une semaine à Moscou à la mi-septembre. Trois recueils paraissent cette année-là : Treridnitsa, Triptyque, Transfiguration, un quatrième Confession d’un voyou en janvier 1921, et son grand poème dramatique Pougatchev en décembre.

Au printemps 1921, Essenin voyage au Turkestan et rencontre le poète paysan Alexandre Chariaïvets, en mai à Tachkent. Il passe l’été à Moscou toujours aussi agitée par les rivalités politiques : Maxime Gorki quitte la Russie ; le poète Nikolaï Goumiliov est fusillé. Début octobre, il rencontre Isadora Duncan, de dix-huit ans son aînée, invitée par le gouvernement soviétique. Il l’épousera le 2 mai 1922, avant de partir avec elle pour l’Europe et pour l’Amérique où l’impresario d’Isadora Duncan lui a aménagé une tournée.

Isadora et Sergueï

Isadora Duncan et Sergueï Essenin

Il publie deux nouveaux recueils et surtout la Confession d’un voyou en 1921.

J’aime immensément ma Russie.
Bien qu’en elle la rouille de la tristesse se penche en saule,
Elles me sont douceur, la gueule sale des cochons
Et dans la paix des nuits la voix sonore des crapauds.
Je suis tendrement malade de souvenirs d’enfance.
La torpeur, la moiteur des soirs d’avril hantent mes songes.

 
On dirait que notre érable pour se chauffer
S’accroupit devant le brasier de l’aube.
O quantes fois aux branches grimpé j’ai
Pour dénicher ou la pie ou le geai !
Est-il toujours le même, le chef tout en verdure ?
Et son écorce comme jadis est-elle dure ?

 
Et toi, mon ami,
Mon fidèle chien tacheté ?
La vieillesse t’a fait glapissant, aveugle,
Et tu traînes par la cour, tirant ta queue pendante
Et le flair oublieux des portes et de l’étable.
Oh ! qu’ils me sont chers tous nos jeux de gamins :
À ma mère je volais un quignon de pain
Et nous y mordions tous les deux tour à tour
Sans jamais nous dégoûter l’un de l’autre !

 
Je n’ai pas changé.
Comme cœur je n’ai pas changé.
En bleuets dans les blés mes yeux fleurissent dans mon visage
Étalant, paille dorée, la natte de mes poèmes...

 
Serge Essenin (Extrait de La Confession d’un voyou)

Bien qu’il ait une vie sociale très intense, il ressent une certaine solitude et écrit que, d’une façon générale, un poète lyrique ne devrait pas vivre très longtemps.
 Duncan et Essenin voyagent tous les deux en Europe et c’est durant cette période qu’il connaît une grave dépression nerveuse. Sa santé physique et mentale décline et il commence à parler de suicide. Lors de son séjour à Paris, il est sujet à une grave crise due à l’alcool. Il est admis dans un hôpital psychiatrique. En 1923, il retourne à Moscou et quitte Isadora.

Isadora Duncan

Ecœuré de tout et très déprimé, souffrant d’hallucinations et miné par l’alcoolisme, il ne peut trouver aucun secours dans la religion, en revanche, quand il écrit, il est sobre. Malheureusement il ressent de plus en plus une incapacité à écrire comme un vrai poète : « Je n’écris plus de poésie, je ne fais que des vers ». En 1923, il publie Poèmes d’un faiseur de scandales.
 En 1924, il se marie pour la quatrième fois avec Galina Benislavskaya, puis avec la petite-fille de Léon Tolstoï, Sofia Tolstoï .
 Il entre en clinique en 1925, la quitte un mois plus tard et recommence à boire puis repart pour Léningrad. Sergueï Essenin C’est dans cette ville qu’il se pendit à un tuyau dans un hôtel le 28 décembre 1925. Il laissa un poème écrit avec son propre sang :

 Au revoir, mon ami, au revoir,
 Mon tendre ami que je garde en mon cœur.
 Cette séparation prédestinée
 Est promesse d’un revoir prochain.

 Au revoir, mon ami, sans geste, sans mot,
 Ne sois ni triste, ni chagrin.
 Mourir en cette vie n’est pas nouveau,
 Mais vivre, bien sûr n’est pas plus nouveau.

Sergueï Essenin

La mort du poète


Cette version - officielle - de la mort d’Essenin a cependant été mise à mal par plusieurs de ses proches et ne peut être prise comme l’expression de la pure vérité. La publication, le lendemain de sa mort, des deux strophes écrites par Essenin avec son sang se marie parfaitement avec l’image que l’on veut alors donner de la folie et du suicide prémédité du poète, mais il faut savoir que cette pratique curieuse d’utiliser son sang pour écrire n’était pas une nouveauté chez lui et qu’il trouvait commode de procéder ainsi quand il n’avait plus d’encre. Sergueï Essenin-L’hypothèse de l’assassinat a été avancée par ses amis et des chercheurs produisant un certain nombre d’indices pour le moins troublants : une enquête et une expertise médicale bâclées concluant trop rapidement au suicide, une heure de décès non établie, l’une fixée le 27 en fin de soirée, une autre contradictoire, au petit matin du 28, des traces de coups sur le visage du poète, la présence d’agents du gouvernement cette nuit-là à l’Hôtel d’Angleterre, la disparition des témoins ayant attesté son suicide, l’assassinat d’une de ses épouses,

JPG - 10.9 ko
Zinaïda Raikh

Zinaïda Raïkh, en 1939 alors qu’elle prétendait tout dire à Staline sur la mort d’Essenin et d’autres encore comme le fait que les fameux vers écrits du sang de la victime ne se trouvaient pas dans la chambre du suicidé mais avaient été remis à son ami poète Wolf Erlich dans la matinée du 27.
 Le mystère de la mort du poète reste entier. Dans ces temps troublés où les artistes qui n’étaient plus en accord avec le régime se suicidaient un peu trop facilement, quand ils n’étaient pas fusillés ou envoyés en camps de concentration, Essenin s’est-il réellement donné la mort ou bien l’a-t-on assassiné, nous ne le saurons vraisemblablement jamais. Ce qui par contre est bien démontré, c’est la vague de suicides que l’annonce de sa mort suscita chez ses admirateurs qui étaient déjà nombreux à l’époque.

Poème "Lettre à ma mère"
 
 
 Tu es là, tu vis, ma petite vieille,
 Je te salue bien, moi aussi, je vis,
 Que vienne resplendir sur ta chaumière
 La lumière ineffable de jadis !
 
 On m’a raconté, que cachant tes doutes,
 Tu t’inquiètes fort à mon propos,
 Que tu vas souvent, sur la grande route,
 Engoncée dans ton vieux caraco.
 
 On me dit, aussi, que la nuit tu rêves
 A mes nuits, aux rixes des tripots,
 Que tu vois souvent un bandit qui lève
 Sur ton fils la lame d’un couteau.
 
 Ce n’est rien, rassure toi, chérie,
 Tout cela n’est rien qu’un cauchemar.
 Mon âme n’est pas à ce point pourrie
 Que je puisse crever sans te revoir !
 
 Non, je suis toujours le même, un tendre.
 Et je n’ai qu’un seul désir au cœur :
 Quitter ce bourbier et ces méandres,
 Revoir la maison basse du bonheur.
 
 Je viendrai, quand ouvrira ses branches
 Le jardin, au souffle du printemps,
 Si tu me promets que les dimanches
 Tu me laisseras dormir mon content.
 
 Ne réveille pas les choses mortes,
 Ne ranime pas les vains espoirs.
 J’ai joué trop tôt ma vie - qu’importe !
 Je suis déjà las - faut pas m’en vouloir.
 
 Ne viens pas m’apprendre la prière,
 C’est fini, sans espoir de retour.
 C’est de toi que me vient la lumière,
 De toi seule, la joie et le secours.
 
 Oublie, donc, tes craintes et tes doutes,
 Ne t’attriste pas à mon propos.
 Ne va pas guetter sur la grande route,
 Engoncée dans ton vieux caraco.
 
 

JPG - 102.7 ko
Buste fleuri

 

Œuvres principales de Sergueï Essenin


 Radounitsa (1916).
 Golouben (1918).
 Inonia (1918).
 Les Clés de Marie (1919).
 Les juments-épaves (1919).
 Treriadnitsa (1920).
 Triptyque (1920).
 Tranfiguration (1920).
 Confession d’un voyou (1921).
 Pougatchev (1921).
 Moscou des cabarets (1924).
 L’homme noir (1925)

Hommage

Hommage à Sergueï Essenin

Un site à consulter cours de russe


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette